Le politiquement correct aura t’il la peau de la vraie gauche?

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« Prenez le pouvoir ». Au PCF: Prenez en plutôt de la graine.

Mélenchon victime d’un mal général… Même le PCF refuse l’invective, un peu de violence verbale ou tout simplement un minimum de franchise à l’égard d’un PS borné et aussi mauvais gestionnaire que bon démagogue. Hollande n’a t’il pas été élu sur un amas de mensonges ? Mais le plus triste dans cette histoire n’est pas la déplorable attitude de Harlem Languedebois et assimilés, loin d’être les premiers en France à prendre le pouvoir en bernant les masses. Le plus triste, c’est le communisme qui crève à petit feu. La déclaration du secrétaire général du PCF Pierre Laurent à propos du refus de toute violence, même verbale, est significative d’une époque qui n’accepte aucun changement, et qui sous couvert progressiste est une chose incroyablement conservatrice.

Dans le cas présent, nous avons une idéologie qui se veut révolutionnaire, mais ses représentants officiels refusent d’user des moyens conventionnels pour mener une révolution. Depuis quand la fait-on en jetant des fleurs au pouvoir en place ? Mais les communistes français du parti ont déjà abandonné l’idée de révolution, ce qui est l’équivalent d’une castration chimique pour un tel projet. Ajoutons à cela le coup que fut pour tous les marxistes la chute de l’URSS et nous arrivons à la déprimante situation éléctorale actuelle. Si l’on réfléchit aux causes qui ont fait le succès des idées de Marx durant le XXème siècle, on en retient trois principales : la force de la mobilisation ouvrière, spontanée et capable de renverser des montagnes si le contexte est favorable ; l’esprit de vengeance face à un pouvoir detesté ; mais aussi évidemment la puissance de communication du Kremlin qui, graçe à sa puissance, ne se gênait pas pour vilipender le capitalisme occidental. Cela plaisait beaucoup, c’est évident lorsque l’on regarde les vieilles Unes de l’Humanité et les 20% d’éléctorat d’un PCF qui fut un jour puissant. Lorsqu’il était communiste.

Aujourd’hui, le communisme « officiel » du parti semble aimer un pouvoir qui lui réserve quelques mairies pour 2014, et ainsi il fait plaisir à ceux qui mènent la danse en oubliant les vieux rêves de grand soir au profit d’un « débat démocratique » lisse et inutile qui ne servira jamais sa cause, censée être la révolution prolétaire qui elle même n’a rien d’une discussion avec les ministres autour d’une tasse de thé. Il favorisera plutôt d’ailleurs les projets du Front National qui récupère les ouvriers ou encore les jeunes avides de changement, ainsi que celle du Parti Socialiste fervent défenseur du statu quo républicain et n’ayant plus à se battre que sur un seul front, vers la droite de la droite. Hors, si vous coupez toute idée révolutionnaire ou même tout simplement d’opposition brute au pouvoir, et que les partis contestataires se soumettent aux institutions en place, comment allez vous changer le système ? La réponse est simple, vous ne le changerez pas. Si les institutions sont basées sur le Droit, ce n’est pas avec ce genre de moyens qu’on les change lorsque l’on est pas déjà au pouvoir. L’histoire n’est pas un séminaire de juristes…

Alors, quid de Jean-Luc Mélenchon, qui lui-même ne se revendique pas communiste ? Le « couac » survenu à la gauche de la gauche récemment nous informe déjà d’une chose, un communiste qui voudrait un jour que ses idées aient du poids à tout intérêt à rejoindre les rangs d’un Parti de Gauche plus moderne que le vieux PCF trainant son folklore taillé pour le XXème siècle comme un boulet, tellement qu’il en vient à se lisser par lui-même pour se faire accepter par les copains du PS, à s’interdire tout ce qui pourrait le rendre sympathique auprès des anti-systèmes. Mais moderne ne veut pas dire vendu, si la plupart des vieilles références marxistes ont été plutôt oubliées par le Front de Gauche, ce ne fut que pour laisser place à une ligne Chaviste bien plus fédératrice par les temps qui courent et qui surtout ne dépend pas du contexte de la Guerre Froide. Nous nous trouvons face à un socialisme virulent, car c’est la méthode à adopter pour qui veut voir les lignes bouger en profondeur, qui a très bien fonctionné en Amérique du Sud. Mais encore qui semble être l’évolution logique de la pensée révolutionnaire d’antan singée en parlotte par ceux qui s’en veulent les tenants officiels, ceux qui s’appellent encore les communistes. Le PCF est devenu un salon de thé, la lutte contemporaine et anti-impérialiste se trouve du côté de ceux qui combattent les Etats-Unis et leur idéologie. Le communisme est donc mort en même temps que l’URSS, mais le chavisme relayé en France par Jean-Luc Mélenchon l’a remplacé.

Communistes, rejoindrez vous le Chavisme ou le libéralisme du mal nommé Parti Socialiste ?